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Les traitements médicamenteux

Les bénéfices des traitements sont modestes et/ou limités dans le temps. Pris isolément, aucun d’eux n’apporte de solution réellement satisfaisante, et le médecin est souvent contraint à la recherche d’associations plus performantes, adaptées au cas particulier de chaque patient, voire à une approche multidisciplinaire faisant appel à des ressources en dehors de la pharmacopée.


Les antalgiques

Ils visent la sédation de la douleur et sont donc très largement utilisés dans le traitement de la fibromyalgie.
Ils sont classés en 3 catégories (de I à III selon leur puissance) :


  • Les antalgiques de niveau I : l’aspirine a été supplantée par le paracétamol dont les effets secondaires sont moindres, en particulier au niveau digestif. Il n’est efficace que pour les douleurs légères.

  • Les antalgiques de niveau II : l’association du paracétamol et d’antalgiques de niveau II (codéine, dextropropoxyphène) possède une activité antalgique significativement supérieure à celles des constituants pris isolément avec prolongation de leurs effets dans le temps. En revanche, les effets indésirables de la codéine ne sont pas négligeables : risque de dépendance en cas d’usage prolongé, constipation, somnolence, nausées, vertiges,...

  • Les antalgiques de niveau III : la morphine, les morphinomimétiques et les opioïdes sont réservés aux douleurs aiguës rebelles aux antalgiques de moindre puissance. Utilisée en cure courte (7 jours au maximum), la morphine se révèle efficace, sans risque de sevrage mais induit une constipation sévère.

Les antalgiques de niveau II et III ne sont en général proposés qu’après échec des antalgiques de niveau inférieur. Ils ont globalement un impact assez faible et ne sont pas dénués d’effets secondaires.


Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

Ils ont l’avantage de cumuler un double effet, anti-inflammatoire et antalgique mais présentent de multiples contre-indications et effets secondaires dont l’un des plus fréquents est la nocivité gastro-intestinale (de 15 à 30% des prescriptions), avec risque d’ulcère (de 2 à 3% des prescriptions). Ce risque est cependant diminué avec la nouvelle génération des anti-inflammatoires, les coxibs. D’efficacité variable d’une personne à l’autre, ils sont surtout utiles en cas de manifestation inflammatoire.


Les antidépresseurs

Même en l’absence de dépression, les effets anti-douleurs de certains de ces médicaments peuvent être utiles. Il existe en outre une vraie rationnalité dans la prescription d’anti-dépresseurs de type IRS ou inhibiteurs de la recapture de la sérotonine dans la mesure où la sérotonine est impliquée dans le mécanisme de régulation de la douleur et du sommeil lent, des migraines et des troubles digestifs ainsi que dans les syndromes anxio-dépressifs, symptômes régulièrement associés à la FM.

La fluoxétine, associée à l’amitriptyline, a montré une efficacité sur certains symptômes. Des évaluations sont en cours sur l’intérêt d’inhibiteurs mixtes de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline ainsi que sur des molécules agissant sur les récepteurs de la sérotonine.


Les anxyolitiques

Fréquemment utilisés, ils semblent améliorer la perception et le vécu de la maladie par le patient, mais leur usage s’accompagne d’une kyrielle d’effets indésirables dont le risque d’accoutumance.


Les anticonvulsivants

Conçus initialement pour traiter l’épilepsie, les anticonvulsivants (gabapentine et prégabaline) auraient une certaine efficacité mais au prix d’effets secondaires pénalisants (somnolence, vertiges,...).

Les traitements myorelaxants

Ils agissent généralement par interruption partielle des signaux nerveux provoquant la contraction des muscles, mais leur effet est difficilement appréciable en l’absence de moyen pour mesurer la contraction musculaire (seul l’effet antalgique du tétrazépam a été objectivé).

Ils semblent susceptibles de renforcer l’action des antalgiques et des AINS.
Certains sont des décontracturants purs, d’autres appartenant à la famille des benzodiazépines ont un effet apaisant. Ces derniers ne doivent pas être prescrits sur une période longue sous peine d’induire une dépendance.


Les traitements agissants sur le sommeil

Cause ou effet selon les auteurs, le sommeil non réparateur du fibromyalgique peut être amélioré par les benzodiazépines et les médicaments visant à combattre l’insomnie.


Autres traitements

En l’absence de traitement véritablement efficace, de nombreuses substances ont été et sont testées, parmi lesquelles :

  • l’acide malique, impliqué dans la synthèse de l’ATP mitochondrial,  est  utilisé pour son effet favorable dans le métabolisme du muscle,
  • l’hormone de croissance,
  • la S-adenosyl-methionine (SAMe), principalement utilisée par ailleurs dans le traitement de la dépression et de l’arthrose,
  • les corticoïdes en injections pour traiter occasionnellement des points douloureux,

Aucun de ces traitements n’a apporté la preuve tangible d’un intérêt substantiel dans le traitement de la fibromyalgie.