Les bénéfices des traitements sont modestes et/ou limités dans le temps. Pris isolément, aucun d’eux n’apporte de solution réellement satisfaisante, et le médecin est souvent contraint à la recherche d’associations plus performantes, adaptées au cas particulier de chaque patient, voire à une approche multidisciplinaire faisant appel à des ressources en dehors de la pharmacopée.
Les antalgiques de niveau II et III ne sont en général proposés qu’après échec des antalgiques de niveau inférieur. Ils ont globalement un impact assez faible et ne sont pas dénués d’effets secondaires.
Ils ont l’avantage de cumuler un double effet, anti-inflammatoire et antalgique mais présentent de multiples contre-indications et effets secondaires dont l’un des plus fréquents est la nocivité gastro-intestinale (de 15 à 30% des prescriptions), avec risque d’ulcère (de 2 à 3% des prescriptions). Ce risque est cependant diminué avec la nouvelle génération des anti-inflammatoires, les coxibs. D’efficacité variable d’une personne à l’autre, ils sont surtout utiles en cas de manifestation inflammatoire.
Même en l’absence de dépression, les effets anti-douleurs de certains de ces médicaments peuvent être utiles. Il existe en outre une vraie rationnalité dans la prescription d’anti-dépresseurs de type IRS ou inhibiteurs de la recapture de la sérotonine dans la mesure où la sérotonine est impliquée dans le mécanisme de régulation de la douleur et du sommeil lent, des migraines et des troubles digestifs ainsi que dans les syndromes anxio-dépressifs, symptômes régulièrement associés à la FM.
La fluoxétine, associée à l’amitriptyline, a montré une efficacité sur certains symptômes. Des évaluations sont en cours sur l’intérêt d’inhibiteurs mixtes de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline ainsi que sur des molécules agissant sur les récepteurs de la sérotonine.
Fréquemment utilisés, ils semblent améliorer la perception et le vécu de la maladie par le patient, mais leur usage s’accompagne d’une kyrielle d’effets indésirables dont le risque d’accoutumance.
Conçus initialement pour traiter l’épilepsie, les anticonvulsivants (gabapentine et prégabaline) auraient une certaine efficacité mais au prix d’effets secondaires pénalisants (somnolence, vertiges,...).
Ils agissent généralement par interruption partielle des signaux nerveux provoquant la contraction des muscles, mais leur effet est difficilement appréciable en l’absence de moyen pour mesurer la contraction musculaire (seul l’effet antalgique du tétrazépam a été objectivé).
Ils semblent susceptibles de renforcer l’action des antalgiques et des AINS.
Certains sont des décontracturants purs, d’autres appartenant à la famille des benzodiazépines ont un effet apaisant. Ces derniers ne doivent pas être prescrits sur une période longue sous peine d’induire une dépendance.
Cause ou effet selon les auteurs, le sommeil non réparateur du fibromyalgique peut être amélioré par les benzodiazépines et les médicaments visant à combattre l’insomnie.
En l’absence de traitement véritablement efficace, de nombreuses substances ont été et sont testées, parmi lesquelles :
Aucun de ces traitements n’a apporté la preuve tangible d’un intérêt substantiel dans le traitement de la fibromyalgie.