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Quelles sont les causes...

L’origine du syndrôme n’est pas encore à ce jour déterminée avec certitude. Aussi, doit-on se contenter d’hypothèses plus ou moins probables :


UNE HYPOTHESE PEU PROBABLE : L’ORIGINE MUSCULAIRE

Compte tenu de la fréquence des douleurs musculaires chroniques chez les fibromyalgiques, il est légitime d’envisager cette hypothèse. Néanmoins, seuls quelques dérèglements mineurs au niveau musculaire ont parfois été rapportés : diminution des phosphates énergétiques, réaménagement de l’endothélium capillaire. En revanche, les analyses biologiques ne révèlent pas d’atteinte inflammatoire. Dans la mesure où, en outre,  les capacités musculaires sont globalement conservées chez les fibromyalgiques, la « piste de l’origine musculaire» ne paraît plus crédible aujourd’hui.


DE MULTIPLES HYPOTHESES DOUTEUSES

  • les troubles endocriniens (déficit en hormone de croissance, dysthyroïdie, diminution du cortisol urinaire, ...),
  • les altérations du système nerveux autonome (dit également système nerveux végétatif, responsable des fonctions involontaires de l’organisme : digestion, sudation, battements cardiaques,...),
  • les anomalies génétiques : 60% des enfants FM ont une mère FM et 30% des femmes FM auraient un enfant FM  (Meignier M., La Fibromyalgie de l’enfant. Congrès National sur la FM.12 octobre 2002, Lyon),
  • les infections, notamment la mononucléose infectieuse et les infections à mycoplasme,
  • les perturbations immunitaires,
  • les anomalies liées à la sérotonine, de type génétique ou liées à son métabolisme,
  • l’hyper-réactivité au stress,
  • les antécédents de traumatimes physiques (traumatisme cervical en particulier) ou psychologiques, acquis in utero ou dans l’enfance (divorce, décès, rejet de l’enfant, abus sexuels,...).

Aucune de ces hypothèses n’a fait l’objet d’une validation scientifique satisfaisante.


UNE HYPOTHESE SOLIDE : UNE ANOMALIE DU CONTROLE CENTRAL DE LA DOULEUR


La nociception :
 La nociception est la fonction physiologique qui permet à l’organisme de détecter, mesurer, localiser et d’être informé de l’existence d’un événement nocif. Il existe des douleurs nociceptives (par excitation au-delà du seuil de déclenchement de la réponse) et des douleurs neurogèniques ou neurogènes qui résultent d’une lésion ou anomalie sur le trajet de l’influx douloureux (cas classique de la douleur du membre fantôme).

 

L’abaissement du seuil de perception de la douleur serait lié à une altération des mécanismes centraux d’intégration des stimuli nociceptifs.*

Les anomalies constatées sont de plusieurs types :

  • diminution du flux sanguin en certaines régions du cerveau (thalamus et noyau caudé),
  • élévation du taux de substance P dans le liquide céphalo-rachidien 
  • diminution de la sérotonine, l’un des principaux modulateurs du système nerveux central
  • variations d’autres médiateurs du contrôle de la douleur (glutamate, dynorphine,...)

*Fibromyalgie : un état allodynique généralisé – Pr J.M. Le Parc, Dr E. Houvenagel, Pr F. Blotman, Dr E. Thomas – Actualités Innovations Médecine n° 119-2006



La douleur :
1ère étape 

Le stimulus est un agent agresseur d’origine mécanique, thermique, chimique,...Il doit être d’une intensité supérieure
au seuil de déclenchement de la réponse. En ce cas, la zone lésée est le siège d’une réaction inflammatoire avec libération de substances telles que l’histamine, la sérotonine, les prostaglandines, la bradykinine,...


2ème étape

La fixation de ces substances sur les nocicepteurs créé un Potentiel d’Action ou influx nerveux qui se propage le long d’un neurone sensitif  jusqu’au ganglion spinal de la moelle épinière (les nocicepteurs sont situés dans les tissus cutané, musculaire strié, musculaire lisse : viscères, vaisseaux, articulaire et osseux.....Certaines régions du corps en sont abondamment pourvues...telle la pulpe dentaire !)


3ème étape 

Les potentiels d’action parvenus dans la corne dorsale de la moelle épinière provoquent la libération de différentes substances dont la substance P (P étant l’initiale de pain, douleur en anglais),  peptide considéré comme le principal neurotransmetteur de la douleur (la morphine, puissant analgésique, agit en inhibant la libération de substance P)  et d’un acide aminé, le glutamate.


4ème étape 

Le message chemine dans la moelle épinière jusqu’au cortex cérébral ou s’effectue sa discrimination (localisation et identification au niveau du lobe pariétal) et l’intégration de facteurs émotionnels (lobe frontal) qui induisent une réponse différenciée d’un individu à l’autre.


5ème étape 

Le potentiel d’action quitte le cerveau par une fibre motrice qui descend le long de la moelle épinière. Elle est reliée par l’émergence d’un nerf rachidien à l’organe effecteur (muscle, glande,...) qui exécute la réaction (mouvement réflexe ou
"réfléchi", sudation, décharge d’adrénaline,...).